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Panchali vient à la consultation de psychomotricité alors qu’elle est âgée de 6 ans. Les parents viennent sur les conseils de l’enseignante qui constate que Panchali se déplace difficilement, trébuche beaucoup et ne peut pas réaliser les exercices moteurs en sport. Le bilan psychomoteur met en avant un retard de développement des coordinations dynamiques générales, des troubles de l’équilibre conséquents et une grande inhibition dans les situations qui sollicitent la motilité. Un examen médical complémentaire (neuropédiatre) ne met pas en avant de troubles neurologiques et suggère de stimuler le développement des coordinations. Nous mettons en place une thérapie psychomotrice hebdomadaire. Panchali se montre tout d’abord méfiante. Je lui explique mon métier et elle s’empresse de me dire qu’elle n’aime ni courir ni sauter. Mon projet thérapeutique est d’aider Panchali à développer des coordinations relatives de sa classe d’âge sans confrontation directe avec ses troubles. Nous choisissons de commencer nos séances avec des jeux de mime. Nous devons utiliser toutes les possibilités de mouvement pour faire deviner à l’autre quel personnage ou situation nous avons en tête. Nous continuons avec des jeux de ballons et de raquettes (coordinations générales de l’hémicorps haut, mais aussi du bas). Les jeux et échanges sont tout d’abord très simples et amples. Je ne demande pas de techniques particulières. Panchali s’amuse beaucoup. Après plusieurs séances, Panchali est motivée par l’idée de faire progresser sa compétence. Elle essaie d’orienter ses gestes pour un meilleur résultat. Elle accepte d’essayer d’autres situations de jeu. Nous jouons à chat (couleur, ballon, perché, statue). Toutes ces situations permettent à Panchali d’expérimenter ses équilibres, la course, les coordinations de l’hémicorps bas en accord avec le haut. Elle reprend confiance en ses capacités motrices et demande à monter à l’espalier qui est dans la salle. Peu à peu, Panchali peut auto corriger ses gestes, les affiner et les comprendre. Elle montre une meilleure maitrise de ses coordinations et du plaisir à mobiliser sa motricité et à la faire grandir. Aujourd’hui, après deux années scolaires de thérapie, Panchali peut jouer au badminton avec un volant. Elle court pour son niveau d’âge. A choisi une activité sportive, progresse et est épanouie.

Jules vient pour évaluer son agitation. Il a 7 ans. Il ne tient pas en place à la maison, est toujours debout ou en mouvement en classe. Cela entraîne des difficultés dans les apprentissages en général et ceux de l’écriture en particulier. Le bilan psychomoteur montre que Jules est en difficulté quand les exigences d’attention et/ou de précision augmentent. Il ne peut pas rester assis, bouge ou se réajuste beaucoup. Quand il parle, il passe du coq-à-l’âne. Ne supporte pas les moments calmes ou d’inactivité. Qu’il ne peut pas poser son attention sur de grandes périodes. Que son seuil de vigilance est très élevé. Nous décidons de mettre en place une thérapie psychomotrice avec pour projet thérapeutique l’apaisement de l’agitation et l’augmentation du soutien de l’attention. Pendant les séances (en partant de son activité spontanée), Jules passe d’un jeu à l’autre et veut toujours en essayer plus. Il n’arrive parfois pas à se concentrer sur un jeu qui l’attirait trop parasité par son projet pour le prochain jeu à essayer. Je propose à Jules deux temps à nos séances. Un premier pendant lequel il peut choisir un jeu. Un deuxième pendant lequel nous essayons mon jeu avec les balles qui piquent dont il faut signaler le parcours sur les bras, les jambes, le dos. Le temps de Jules est un temps moteur. Nous courons, changeons de jeu souvent, tapons les ballons… Il y a rarement un but précis à nos déplacements. Le temps des balles qui piquent s’organise. Jules progresse en identifiant que s’il reste immobile il peut mieux deviner le trajet de la balle. Il s’apaise peu à peu. Se détend. Son hypertonie se calme. Il n’a plus de mouvements parasites. Il se concentre pour ne pas tomber dans les pièges du parcours de la balle. Il aime aussi essayer avec les balancements des foulards (sous les bras, sous les jambes). En parallèle, les jeux moteurs s’organisent. Ils ont une visée précise, un but de communication et d’échange, une fonction de jeu. Nous jouons et Jules demande de plus en plus tôt pendant la séance le temps de relaxation (« des balles qui piquent »). Les comptes rendus de l’école et des parents sont positifs. Ils observent plus de moments calmes et organisés, une capacité à revenir au calme plus grande qu’auparavant.

 

Martial a 9 ans. Il vient à la consultation de psychomotricité sur les conseils de son enseignant qui remarque des difficultés en géométrie et pour l’utilisation de ses outils en classe. Le bilan de Martial montre que la structuration spatiale est fragile. Qu’il manque de confiance en lui et se trouve vite dans un état de panique devant les situations qu’il sait être difficiles (en géométrie, panique pour l’utilisation de la règle, de l’équerre et du compas). Il demande à être aidé. La thérapie psychomotrice de Martial utilisera plusieurs situations pour développer une meilleure structuration spatiale. Tout d’abord, des jeux moteurs pour favoriser l’espace vécu. Celui du corps engagé dans l’espace et orienté en fonction des situations. Ensuite, des jeux de manipulation, pour s’approprier les notions spatiales et les comprendre. Enfin, des activités qui sollicitent les représentations, avec la capacité de projeter les notions spatiales sur un support externe (sur la feuille). Martial a beaucoup progressé et peut aujourd’hui participer aux apprentissages de son niveau d’âge en classe. L’effet de panique n’est plus d’actualité, il reprend confiance et manipule aisément ses outils.

Thérèse vient à la consultation de psychomotricité avec sa maman. Elle a 20 mois. Les parents observent que Thérèse ne répond pas à leurs stimulations. Elle ne les regarde pas, semble préoccupée par ses doigts qu’elle bouge devant ses yeux. Au groupe de jeu avec d’autres enfants de son âge, elle ne bouge pas de l’endroit où elle est posée et s’occupe avec ses doigts ou à regarder vers le haut. Elle ne répond pas quand on l’appelle. Un bilan auditif et un bilan visuel sont demandés. L’audition et la vision semblent bonnes. Pendant la consultation, Thérèse ne s’intéresse pas aux jouets que j’approche d’elle. Elle ne me regarde pas ni ne regarde sa maman. Elle ne se plaint pas si je la prends dans les bras. Semble détourner son visage. Elle montre un retard pour l’acquisition de la marche, du langage, de l’entrée dans la fonction symbolique. Nous établissons un projet thérapeutique pour faciliter la capacité de Thérèse à interagir, mais aussi ses capacités d’attention conjointe et son développement psychomoteur. Les premières séances sont difficiles. Thérèse reste dans un coin de la pièce et regarde ses doigts. Elle ne montre pas d’intérêt pour les jouets et autres instruments que j’approche. Je décide alors d’utiliser la méthode dite « d’obstruction ludique » pour pouvoir m’intéresser à son jeu. Je place mes doigts près des siens. Elle se déplace. Je continue et essaie de faire jouer nos doigts. Elle se déplace de nombreuses fois. Puis, accepte de laisser mes doigts toucher les siens. Pendant plusieurs séances nous ferons ce jeu de doigts qui se touchent, se bousculent, se copient…. Peu à peu, Thérèse accepte de prendre entre ses doigts des jouets que je propose ; puis, me donne la main pour me demander d’aller en chercher un ; ou encore me repousse de la main quand elle ne veut pas que je joue avec elle. Thérèse commençant à accepter des échanges avec son entourage, je propose de l’amener à résoudre des problèmes. Par exemple, quand elle me prend la main pour chercher son instrument de musique, je fais mine de prendre autre chose…